La parade nuptiale des nasslis par Goltar

Les Nasslis, appelés également hommes-lézards, sont un peuple très mystérieux dont les mœurs, pour beaucoup d’entre nous, demeurent inconnues. Serait-ce dû à leur coté méfiant, leur aspect peu engageant, leur langage imprononçable ou le fait qu’ils vivent dans des marais putrides et hostiles ? Je ne saurais le dire. Néanmoins, certaines coutumes de leur peuple sont parvenues jusqu’à votre serviteur, laissez-moi vous conter la parade nuptiale des Nasslis.parade nuptiale nasslis marécage olgir barde

Cette parade a lieu deux fois dans l’année, quand les lunes sont au plus bas et la pestilence des marais au plus haut. Cette configuration astrale inspire chez les Nasslis un fort désir d’accouplement. Les demoiselles Nasslis quittent alors leur village pour trouver un endroit reculé où elles attendent leurs amants. Les mâles, ayant ressenti l’appel de l’amour, s’éloignent à leur tour du village pour aller conter fleurette. La principale difficulté pour ceux-ci est de trouver une compagne car celles-ci se sont bien cachées. J’ai même entendu dire que certaines d’entres elles se cachent tellement bien qu’elles n’ont rencontré aucun mâle lors de cette période amoureuse. Les Nasslis ont un proverbe résumant bien cette situation : « Se cacher est un plaisir mais ne pas être trouvée est une catastrophe ». La principale difficulté pour les femelles est d’émettre une odeur suffisamment forte pour supplanter celle du marais et suffisamment attirante pour intéresser un mâle. Les mâles, ayant une déficience d’odorat, ne trouvent aucune femelle et choisissent de ne pas rentrer au village. L’odorat, étant une caractéristique essentielle pour la survie des nasslis, la nature ne les laisse pas se reproduire. Délaissons cet aspect peu engageant et voyons ce qui se passe lors d’une rencontre. Après avoir repéré une femelle, le mâle s’avance doucement, s’arrête à quelques pas de sa dulcinée et commence sa parade. Il lève les bras, écarte les doigts. Sa collerette, habituellement posée sur ses épaules, se redresse, faisant paraître sa tête plus grande. Avec sa queue, il tape sur le sol avec sa queue et, au rythme de ce tambour improvisé, bascule d’un pied sur l’autre. La demoiselle, ravie de ce spectacle, s’assoit en poussant des soupirs. La danse dure plusieurs minutes et lorsqu’au paroxysme de l’excitation, la femelle se redresse. Le mâle hurle sa joie en voyant l’œuf qu’elle a pondu. Celle-ci s’écarte, va plonger son corps frémissant dans l’eau croupissante du marais pendant que le mâle récupère l’œuf et s’en va à la recherche d’une nouvelle conquête. La femelle reprend alors sa place en espérant la venue d’un autre soupirant. Le soir venue, les femelles rentrent au village, rayonnantes du devoir accompli. Les mâles rentreront le lendemain, des œufs plein les bras et les déposeront au centre du village. Deux semaines plus tard, les œufs éclosent et les bébés Nasslis, à l’instinct très développé, rejoignent immédiatement leur mère. Et oui, malgré la contribution importante des mâles lors de la naissance, c’est aux femelles qu’incombe l’éducation des enfants.

 

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