Portrait : le nain

 

De leur origine issue du folklore de nombres civilisations à son introduction dans les plus grandes sagas, le peuple nain est devenu un peuple incontournable de la fantasy. Voyons ensemble, à travers plusieurs œuvres, leurs caractéristiques, leurs mœurs et tout ce qui les rend si attachants.

 

L’origine du nain

Depuis toujours, les nains ont suscité l’imaginaire. Dans la plupart des civilisations, ils sont l’une des races constituant le petit peuple, parfois serviable, parfois farceur voire malfaisant. Dans de nombreux textes, il est difficile de les dissocier des lutins, des gobelins ou des gnomes. Pour certains, les nains seraient un peuple contraint de vivre caché face à l’arrivée des hommes. Des chercheurs demeurent convaincus de leur existence, regroupement de personnes atteintes de nanisme ou lointains cousins des tribus pygmées d’Afrique ? Les nains demeurent particulièrement présents dans les légendes des pays miniers ou montagneux. Les nains acquièrent la plupart des caractéristiques que l’on retrouve dans la fantasy dans les textes allemands médiévaux. Ils sont décrits comme d’excellents forgerons industrieux aux demeures souterraines ou montagnardes, créateurs d’armes pour les dieux. Ils ont créés de nombreuses armes mythiques comme Mjöllnir, le marteau de Thor, Excalibur, l’épée du roi Arthur et Durandal, l’épée de Roland le paladin. Pierre Dubois, dans sa grande encyclopédie des lutins, révèle que le nain serait un ancien géant, rival des dieux. Malgré sa petitesse, il en a gardé toute la puissance : force et pouvoirs surnaturels. Les frères Grimm, dans le conte de Blanche Neige, les dépeignent comme des mineurs sympathiques et travailleurs, mais vivant au cœur de la forêt. Une hérésie pour les nains de la fantasy, autant que leur présence dans les jardins comme le veut une tradition venue d’Allemagne.

 

Le nain dans la Fantasy

Les nains dans le roman « Bilbo le hobbit » de J.R.R. Tolkien n’ont guère une image flatteuse. Les douze représentants de leur race, dont nous suivons l’épopée, ne sont que des marchands obsédés par les richesses que Smaug le dragon leur a ravies. Ils ne font confiance à personne sauf à Gandalf et aux autres nains. Ils passent leur temps à fuir leurs ennemis et dès qu’ils récupèrent la montagne solitaire, ils s’y barricadent sans vouloir honorer la dette contractée auprès des hommes. Tolkien, redore un peu leur blason dans la trilogie du seigneur des anneaux par l’intermédiaire de Gimli. Celui-ci, bien que fier et râleur, est doté d’un grand cœur et reste prêt à se sacrifier pour ses amis. Guerrier solide et résistant, il est d’une aide précieuse à la communauté de l’anneau. Tolkien a repris des légendes allemandes l’apparence des nains : petits, costauds et portant de grandes barbes. Dans la saga de Tolkien, en plus d’être d’habiles forgerons, ils sont aussi de formidables bâtisseurs capables de construire des salles aux plafonds immensément hauts dont j’ai du mal à percevoir l’utilité, sauf pour permettre au balrog de circuler. Mis à part la fabrication de portes secrètes se révélant à la pleine lune, les nains semblent avoir perdu les aptitudes magiques qu’ils possédaient dans les légendes. Dans cette saga manichéenne et malgré un caractère parfois difficile, le peuple nain se trouve du coté du bien.

Marcus Heitz nous livre de nombreux détails sur le caractère, la façon de penser et l’organisation des nains. Dans sa saga, les nains ont reçu de leur dieu la mission sacrée de défendre le pays sûr contre les orques, trolls et gobelins, toutes les créatures du dieu Tsion. Le pays sûr, patrie des elfes, humains et magiciens est entouré d’une montagne où se sont installés les cinq clans des nains. Chaque clan possède une spécialité comme la forge, la taille de pierres précieuses ou d’architecture. Parmi les caractéristiques les plus communes, nous retrouvons la vie dans les mines, la haine de la magie, des elfes et des orques, un caractère renfrogné, une résistance exceptionnelle aux blessures et au poison, l’amour des haches, des marteaux et de la bière. Le héros Tungdil, nain élevé parmi les magiciens, apprend par l’intermédiaire de deux jumeaux nains tout ce qu’il doit savoir sur sa race et ses coutumes, avant d’arriver dans les cités naines et de rencontrer les créatures de ses rêves : les naines. Ces romans sont devenus une œuvre incontournable pour les amateurs de ce peuple et recèlent d’autres découvertes sur l’artisanat et les mœurs naines que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même.

La bande dessinée de Nicolas Jarry, Redwin de la forge, nous emmène dans un univers sombre fait de combats, de forge et d’ambitions. Redwin, jeune nain brimé a pour but de devenir un seigneur des runes et jette dans sa quête personnelle toute sa force et son énergie. Durant son apprentissage, notre héros apprend que le métal chante sous les coups des forgerons. Les meilleurs forgerons possèdent une formation musicale et savent, grâce au chant, quand et comment travailler le métal pour le rendre conforme à ses besoins. Lorsque la forme leur convient, ils gravent des runes pour améliorer le résultat. Les nains, en harmonie avec le métal, parviennent à créer de nouvelles runes plus puissantes. Cette bande dessinée nous apprend également que ce travail n’est pas sans risque pour l’âme du nain, un aspect intéressant et original sur l’art de la forge.

Dans l’âge du feu, saga relatant la vie des dragons, E.E. Knight développe un autre aspect de la civilisation naine : le commerce. Des nains marchands se déplacent dans de grandes caravanes pour aller vendre leurs marchandises aux quatre coins des terres connues. Transportant richesses et objets précieux, ils louent le service de mercenaires pour leur protection et parmi eux nous trouvons un dragon, héros de la saga. On retrouve le côté batisseur et mineur des nains, détail intéressant, les nains cultivent des champignons fluorescents qu’ils mettent dans leurs barbes pour les éclairer dans les tunnels sombres.

Dans la série du donjon de Naheulbeulk, John Lang, alias Pen of Chaos, nous présente le peuple des nains par un unique représentant appelé : le nain. Il faut savoir que dans cette saga, aucun des personnages principaux ne possèdent de nom et sont identifiés par leur race ou leur profession. Le groupe des aventuriers se compose du ranger, du nain, de l’elfe, du barbare, de la magicienne et de l’ogre ainsi que d’autres, venant temporairement renforcer le groupe. Le nain représente un membre caractéristique de son peuple, il aime les mines, les haches, l’or, se battre et déteste la magie. L’auteur a accentué certaines aspects connus des nains, leur avidité, leur haine pour les elfes, leur fierté et leur côté râleur, voire pénible. Dans le premier épisode, le nain préfère supporter la présence de l’elfe plutôt que de lui donner la satisfaction de partir. Il n’hésite pas à récupérer objets et richesses discrètement pour ne pas les partager avec son groupe. On apprend dans les épisodes suivants que le nain prend des bonbons, les chiantos, pour garder son caractère horripilant, c’est dire s’il est vicieux. Un personnage et une série à ne pas manquer pour les amateurs d’humour.

 

Les nains dans le monde d’Olgir

nains olgir le barde
Petits et corpulents, les nains se reconnaissent par une pilosité faciale très fournie cachant la majorité de leur visage et ne laissant apparaitre que deux yeux, une bouche et un gros nez. Contrairement aux idées véhiculées par les elfes, les nains sont très soucieux de leur apparence, leurs barbes et leurs cheveux sont tressés et ornés de bijoux en métal. Ces bijoux signalent aux autres nains le rang du porteur et parfois sa vanité. En effet, certains en abusent et se déplacent le dos courbé, plié autant par le poids du métal de leur barbe que par leur bêtise.
Les nains vivent pour la plupart dans les mines et les grottes qu’ils partagent en toute intelligence avec les animaux cavernicoles. D’ailleurs l’utilité première de leurs casques n’a rien à voir avec la guerre, il s’agit surtout de protéger leur coiffure des chiures de chauves-souris. Comme le rappelle souvent la maman naine à son rejeton : « Mets ton casque, dehors ça chie ! ». Habitués aux environnements sombres, un peu de lumière suffit aux nains pour y voir convenablement. Néanmoins, la lumière du soleil ne les gêne pas du tout, leurs yeux étant protégés par leurs épais sourcils.

Fascinés par les minerais de toutes sortes, les nains creusent la montagne pour en extraire des quantités phénoménales. Ils transforment ensuite ces minerais en métaux en créant parfois des alliages. Ils travaillent ensuite ces métaux pour fabriquer des bijoux, des armes et des outils. Ils ont même essayé d’en faire des tonneaux, mais le goût de la rouille altérait celui de la bière. Ils utilisent également beaucoup la pierre dans leurs constructions et doivent parfois se rabattre sur le bois, matière qu’ils exècrent. Leur goût pour les métaux précieux leur donne une réputation d’avarice, qui n’est pas usurpée.

Par amour des belles choses, les nains sont aussi de formidables architectes. Leurs réalisations réputées pour leur beauté et leur robustesse suscitent l’admiration voire la convoitise d’autres races plus rustres comme les orques ou les gobelins. Les nains adorent surmonter des problèmes techniques et n’hésitent pas à en inventer pour le plaisir de réfléchir. Ils sont adeptes de casse-têtes compliqués qui les font transpirer comme le suducou.

Les nains vivent à l’écart des autres races car peu d’entre eux supportent qu’on les regarde de haut. Néanmoins, ils tolèrent facilement les humains, surtout quand ils sont assis. Ils partagent avec eux le goût de la bonne chair et de la boisson. Ils restent méfiants vis-à-vis des elfes qu’ils trouvent très étranges : un peuple, qui vit dans une forêt et qui ne mange pas de viande, ne peut qu’inspirer l’aversion. Ils sont en général hostiles aux gobelins, aux orques et aux trolls car durant de nombreux millénaires, ils les combattirent pour préserver leur habitat. Depuis les guerres démoniaques, le peuple des nains s’est ouvert aux autres races et sont plus tolérants. Toutefois, ils gardent secrètes toutes leurs inventions et techniques de forge, de sculpture ou de brasserie. De plus, les haines ancestrales ne tardent pas à remonter en cas de problèmes.

 

Dans les œuvres de fantasy, les nains se rangent toujours parmi les forces du bien même s’ils ont parfois du mal à s’entendre avec les elfes. Qu’ils soient guerriers, artisans ou marchands, ils font preuve d’une résistance exceptionnelle et d’un courage sans faille face à l’ennemi. D’un caractère plutôt réservé, ils se révèlent, au fil du temps, des compagnons sympathiques sur qui on peut compter.

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Sources :

Wikipédia Nain (créature fantastique)
Bilbo le hobbit et Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
Les nains par Markus Heitz
L’age du feu par E.E. Knight
Redwin de la forge par Nicolas Jarry
Le donjon de Naheulbeulk de Jack Lang

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