Intervention sur l’illustration

Les réunions de préparation des interventions réservent quelquefois des surprises. Pendant l’une d’elles, on m’a demandé de présenter un sujet sur l’illustration. D’habitude, je suis plus sollicité sur les problématiques d’écriture ou d’édition, cela allait me changer mes habitudes donc j’acceptais. Me référant à mon expérience d’éditeur, je pensais déjà à une possibilité : un échange de mails et de croquis entre mon illustrateur et moi pour la couverture du tome 3 d’Olgir le barde. Par contre, je ne savais pas comment le présenter. J’avais déjà discuté avec des illustrateurs des interventions qu’ils faisaient dans les écoles, mais cela se résumait souvent à du travail sur le dessin, chose inimaginable pour moi.

Je voulais ajouter à mon idée initiale les contraintes et lois qui régissent la profession d’illustrateur, mais le côté peu attrayant des informations à donner me rebuter. Je souhaitais une intervention ludique et d’échange avec les élèves, le plus possible éloignée d’un cours magistral. C’est alors qu’est venue l’idée du jeu de rôle. J’allais endosser ma casquette d’éditeur en quête d’une illustration pour un prochain roman et mettre les élèves dans le rôle d’illustrateurs chargé de me fournir ce dessin.

L’intervention a donc commencé par leur expliquer ce que, moi éditeur, j’attendais d’eux en tant qu’illustrateurs. J’ai fait une brève description de la couverture que j’attendais. En retour, j’ai eu, par élève, un croquis de ce qu’ils avaient compris. M’appuyant sur mon échange de mail avec mon illustrateur, je suis rentré progressivement dans les détails. C’était très intéressant de voir l’évolution des dessins, qui malgré les mêmes directives, empruntaient des chemins différents au gré de l’interprétation des élèves. À la moitié du temps de l’intervention, j’avais une trentaine de croquis susceptibles de servir de couverture à mon roman. Il me restait la tâche la plus difficile : négocier les termes de notre partenariat. J’expliquais aux élèves les droits qu’ils possédaient sur leur œuvre : les droits patrimoniaux, les droits moraux et comment ils peuvent être intégrés dans un contrat. Munis de ces connaissances, nous pûmes entamer une négociation qui s’avéra passionnée. Le nombre d’élèves, une trentaine, nous permit de couvrir un large panel de situations, à la personne qui ne voulait pas que son dessin ne soit pas diffusé en dehors du département, à celui qui le cédait pour une période illimitée ou à un autre qui le vendait à un million d’euros. Finalement, plusieurs élèves ayant des prétentions raisonnables qui couvraient mes besoins purent prétendre à la signature d’un contrat.

En guise de conclusion, ils ont eu accès à l’échange réel que j’avais eu avec mon illustrateur, aux vrais croquis qui ont débouché sur la couverture et à la présentation de l’œuvre terminée.

Ce fut une expérience très enrichissante pour eux comme pour moi.

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